L’interview de Grégoire: de consultant à entrepreneur

Témoignage reconversion professionnelle coaching !Voici aujourd’hui une nouvelle interview présentant un changement de vie professionnelle réussi ! Partons à la rencontre de Grégoire, ancien consultant en organisation et qui vient de fonder la Start Up de covoiturage dynamique JYGO.  Ce témoignage a été recueillie par Claire Chatelain, coach sur Paris, que vous pouvez retrouver sur ce site: www.clairechatelaincoaching.com et qui nous avait déjà parlé de coaching dans cet article: qu’est-ce que le coaching !

Claire, Grégoire, c’est à vous !

Quitter son job pour se reconvertir

Quitter son job pour se reconvertir

Claire : Grégoire, on s’est rencontré il y a 6 mois et tu allais te lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat.  Pour commencer, qu’est-ce qui t’a donné envie de quitter ton job ?

Grégoire : J’avais envie depuis assez longtemps de me lancer dans l’entrepreneuriat.  Ce qui m’a surtout motivé, c’est que l’expérience professionnelle qui m’avait le plus plu auparavant était une création de filiale au sein d’un groupe, donc de l’intrapreneuriat. L’intrapreneuriat, c’est comme de l’entreprenariat sauf que ce n’est pas ton argent !  J’avais beaucoup aimé le côté touche à tout: pendant une heure, tu fais un document ou tu fais un planning, l’heure d’après tu fais une to-do liste, l’heure d’après tu es en conf-call avec quelqu’un qui est à l’étranger en parlant anglais ou espagnol, savoir organiser tout ça. L’entrepreneuriat est la seule manière de cumuler autant d’activités en un seul job !

 

Claire : Pour quitter ton poste, je crois savoir que tu as obtenu une rupture conventionnelle, comment l’as-tu négociée ?

Grégoire : J’étais dans une grosse entreprise de conseil en organisation, j’ai quitté cette entreprise en mai 2012.  A l’origine, c’est d’abord mon employeur qui m’a demandé de partir. C’est ce point qui m’a mis en position de négocier. Ça c’est la première chose, la deuxième chose c’est qu’il faut être patient, je m’y suis pris 6 mois à l’avance. Il ne faut pas perdre de vue le fait que si on n’a pas de rentrées d’argent (ici le chômage), c’est quasiment impossible de créer une entreprise.

 

Claire : Comment as-tu géré la transition financière: j’imagine que le niveau de vie avec l’allocation Pôle Emploi, ce n’est pas la même chose qu’avec un salaire de consultant…

 

Grégoire : J’ai réussi à bien négocier ma rupture conventionnelle, donc j’ai eu un beau chèque qui m’a bien aidé. Mais c’est  c’est vrai,  tu as un autre niveau de vie. Avant j’avais un super salaire, un niveau de vie assez dingue, je prenais des taxis, toutes les prestations un peu chères, aujourd’hui, je ne le fais plus. J’ai un niveau de vie beaucoup plus simple, pas forcément plus compliqué ou plus fatigant, et en fait tu te rends compte qu’en sélectionnant, au début c’est un effort et au bout d’un moment ça devient un mode de vie qui est facile. Ce n’est pas forcément facile tous les jours, mais comme j’avais un bon salaire avant, mon chômage reste très correct.

 

Claire : Tu as mis du temps à t’adapter ?

Grégoire : J’ai essayé de toujours garder en tête que la vie que je vivais avant était privilégiée, ce qui fait que quand tu reviens à une vie plus « normale », c’est beaucoup plus simple.

 

Transfert de compétences et Reconversion Professionnelle

Transfert de compétences et Reconversion Professionnelle

 

Claire : Quelles compétences as-tu transférées du métier de consultant en organisation à celui d’entrepreneur ?

Grégoire : Du conseil, j’ai gardé : l’organisation, le planning, la remontée des problèmes, la communication au sein d’une équipe, la gouvernance d’une équipe, l’aptitude à motiver les personnes,  à essayer de comprendre ce que les autres veulent. Ce qui est le plus important pour moi, c’est la motivation des gens. Si j’arrive à motiver des personnes, c’est une vraie satisfaction pour moi.

De mon expérience de création de filiale, j’ai gardé : tout le côté fou fou des start-up, ça va à 100 à l’heure, on est toujours sur le fil, on fait « les bonnes choses plutôt que faire les choses bien »,  ne pas compter ses heures, les vacances qui sautent.

Mais clairement, au moment où on s’est rencontré je me demandais si j’étais capable de me lancer dans l’entrepreneuriat. Je savais que j’avais pas mal d’armes mais je me demandais si j’en avais suffisamment. Je me suis vraiment posé la question sur chaque expérience que j’ai eu, qu’est-ce que je peux réutiliser ?

 

Claire : Donc ce questionnement était présent chez toi avant même de commencer ?

Grégoire : Oui oui, pour moi c’était important d’y réfléchir avant, pour me sentir en confiance. Et ça m’aide au jour le jour, dans tous les risques et toutes les décisions que je prends. Prendre conscience de ça avant, c’était important pour moi.

 

Claire : Qu’est-ce que tu as dû acquérir ?

Grégoire : C’est la première fois que j’ai une telle pression financière. Les gens qui nous entourent posent des questions sur ce qu’on fait. Ça peut être un peu dérangeant quand on a une amie qui nous dit « Bon, au fait, tu gagnes quand de l’argent ? » ou « t’as pas l’impression d’utiliser Pôle Emploi comme ta banque ? », ça te met une pression qui n’est pas toujours agréable et ça ne vient pas forcément des gens auxquels on aurait pensé.

 

Claire : Est-ce que le fait de vivre ces nouvelles choses t’a fait développer de nouvelles compétences ?

Grégoire : J’y travaille encore beaucoup, le côté « rester serein », « resté posé », « prendre des décision de manière calme ». Tous les jours je me remets en question et je me dis, «t’es un peu fou quand même ! » mais la seconde d’après, je me dis, «je suis fou mais j’ai tellement appris en 6 mois !» Après on relativise, quand je voie les autres entrepreneurs, il est clair qu’on a tous les mêmes préoccupations. D’un côté, je veux absolument réussir, mais de l’autre, je sais que je peux rater aussi, et que le ratage, ça fait partie de l’apprentissage.

 

L'entrepreneuriat, un révélateur de personne !

L’entrepreneuriat, un révélateur de personne !

 

Claire : Est-ce que tu as eu certaines prises de conscience depuis que tu as commencé ?

Grégoire : Je dirai qu’on confirme certains atouts qu’on a et qu’on confirme les faiblesses aussi. Les atouts, on en profite et les faiblesses, on y fait attention, on en parle beaucoup autour de soi. De mon côté, mes atouts, c’est le relationnel, la capacité à instaurer la confiance,  à piloter des actions. Je ne suis pas forcément le meilleur pour créer du contenu par exemple, ce qui important dans le web. M’adresser à quelqu’un est simple, rédiger un blog c’est très dur. Une autre de mes faiblesses, ça peut être de travailler seul pendant trop longtemps par exemple. Les premiers mois ça été très dur. Avant de motiver les gens, il faut se motiver soi-même. Tu te rends vraiment compte des points forts et des faiblesses.

 

Claire : Donc l’entrepreneuriat a un peu une fonction de révélateur ?

Grégoire : Complètement, tu apprends énormément et très très vite.

C’est un peu comme quand tu pars à l’étranger, tu es dans un autre monde. En plus d’apprendre ton simple boulot, tu réapprends une nouvelle vie.

 

L'entrepreneuriat ou l'art de diriger sa vie !

L’entrepreneuriat ou l’art de diriger sa vie !

 

Claire : Qu’est-ce qui t’éclate vraiment le plus ?

Grégoire : Ha ! L’excitation de savoir ce qui va se passer dans les prochains mois, être vraiment tourné vers le futur. Au quotidien, c’est de me lever en me disant, j’ai vraiment choisi de faire ça, c’est très varié, je suis en relation avec plein de gens, si je veux aller à gauche, je vais à gauche, si je veux aller à droite, je vais à droite, mais je n’y vais pas tout seul. Moi ce qui m’éclate c’est ça, c’est de bosser avec d’autres personnes, c’est de transformer le boulot qui peut être très traditionnel et routinier en quelque chose que tu as vraiment choisi et qui fait que tu diriges vraiment ta vie là où t’as envie d’aller.

C’est vraiment le sentiment de faire ce qu’on a envie de faire. Dans l’entrepreneuriat, il y a beaucoup de choses qu’on n’a pas envie de faire, mais la trajectoire, c’est quand même nous qui l’avons décidée. C’est un sentiment d’indépendance et de liberté qui est génial.

 

Claire : Et pour te connaître un peu, il me semble que tu aimes réseauter non ? Rencontrer des gens ?

Grégoire : Oui, il y a un truc qui est génial dans le fait de rencontrer des gens, c’est qu’on se rend compte que même si on fait tout soi-même, on n’arrivera jamais à être aussi bon que les personnes compétentes dans leurs domaines respectifs. C’est là qu’on se rend compte de la puissance de l’équipe.

Quand tu entends depuis que tu es tout petit « Créer une entreprise, c’est savoir bien s’entourer », tu te dis, «bon d’accord », mais quand  tu essayes de faire un truc depuis des jours et des jours et qu’il y a quelqu’un qui arrive et qu’en 5 heures c’est réglé. Là, tu te rends vraiment compte de ce que ça veut dire.

 

Claire : Donc polyvalent mais pas à tout prix ?

Grégoire : Polyvalent et savoir faire appel aux gens autour de soi et surtout ne pas les voir uniquement comme des ressources. Essayer de vraiment comprendre ce qui les éclate le plus parce que, ce qui moi m’amuse le plus, n’est pas forcément ce qui amuse le voisin et ça, ça peut changer beaucoup de choses. Si tu ne fais pas attention, tu ne crées pas une super équipe, donc tu arrêtes et tu ne sais pas pourquoi.

 

Claire : Si tu avais quelque chose à dire à quelqu’un qui a 25 ans, qui est un peu à l’étroit dans son travail et qui a des envies d’entreprendre, qu’est-ce que tu lui dirais ?

 

Grégoire : Première chose, il faut réseauter, réseauter, réseauter. De décembre à mars, j’ai rencontré plus de 100 entrepreneurs, plusieurs fois chacun. Ça m’a aidé à comprendre qui ils étaient, pourquoi ils le faisaient, quel était leur quotidien, quels étaient leurs problèmes et leurs joies. De réseauter comme ça, permet de mieux se connaître, de connaître les raisons pour lesquelles on se lance dans l’aventure.

Et à long-terme, le but n’est pas juste de faire connaissance avec des gens, et « salut au revoir », c’est aussi de garder contact avec les quinze entrepreneurs avec qui tu penses qu’il y a une relation qui est gagnante-gagnante dans la perspective de peut-être faire un truc ensemble. C’est comme ça qu’on se crée des opportunités.

Ensuite, il faut le faire d’abord pour soi et non pas pour le prouver à sa copine ou à ses parents, mais parce qu’on en a vraiment envie. Sinon, on ne tient pas le distance.

Enfin, essayer de mieux se connaître aussi, les points forts, ne pas se cacher ses faiblesse. Par exemple, ma grosse faiblesse, c’était de ne pas être constant dans mon travail, de bosser à fond 3 jours et plus du tout les 2 suivants. Au début, ça a fonctionné par vagues comme ça, maintenant j’ai vraiment trouvé un rythme de croisière assez élevé.

Il ne faut pas oublier non plus de se préparer à avoir une vie qui change complètement. Découvrir, être dans un milieu qui nous semble très instable au début, ne pas avoir peur de ça, et chercher un équilibre parce que si on ne trouve pas cet équilibre-là, on ne tient pas.

Ça c’est ce que je peux dire après 6 mois, ce sera peut-être différent dans 2 ans.

Ah oui, dernière chose ! Je dirai qu’il faut rester humble, parce que même si on prétend sauver le monde, créer des emplois, etc… en restant humble, on continue à apprendre, à s’intéresser aux autres de manière naïve, et la naïveté, c’est aussi quelque chose de sain pour un entrepreneur.

Claire : ça me semble une jolie façon de conclure, merci Grégoire !

 

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