Votre avis : Changer de job ou continuer ? Etude de cas n°1 : Claude

Changer de vie, reconversion professionnelle

Aujourd’hui, j’entame une série d’études de cas pour vous amener à réfléchir sur une question cruciale pour la plupart d’entre nous : changer de job ou continuer ?

Ces études ont un triple intérêt :

  • Je me suis rendu compte qu’il était plus facile de conseiller le bon choix pour les autres, beaucoup plus difficile de l’identifier pour soi. Analyser le cas de quelqu’un d’autre vous permettra ainsi d’apporter  un raisonnement neuf et sans enjeux, qu’il vous suffira alors d’appliquer à votre propre vie !
  • Avec un peu de chance, les cas que je vais vous présenter raisonneront avec votre situation personnelle et pourront vous inspirer. Sachant bien entendu que la décision finale ne dépend que de vous !
  • Et si certains d’entre vous ont besoin d’avoir l’avis des autres sur leur propre situation, vous pouvez me contacter directement pour m’expliquer votre situation. J’en déduirai une étude de cas (anonyme ou non) que je soumettrai aux lecteurs !

L’exercice vous tente ? Alors c’est parti pour cette première étude de cas. Pour information, je m’inspirerai toujours de cas réels que j’ai observé mais que j’adapte pour l’exercice. Pour cette première étude, je vais donc vous proposer un cas inspiré de mon propre parcours, Claude étant mon deuxième prénom !

Dilemme: changer de job ou continuer ?

Changer de job: le cas d’un jeune chef de projet informatique

Claude est un jeune chef de projet informatique plein d’avenir, reconnu comme un talent de sa société. On lui fait confiance et on lui confie le pilotage de projets de plus en plus gros. Il habite et travaille dans une ville de province, par choix de qualité de vie. Malgré cela, il fait quand même 2h de transport par jour entre son domicile et son travail. Il est relativement bien payé pour son niveau d’expérience et sa localisation géographique : 45k€ brut/an.

Au bout de 3 ans de bons et loyaux services, le service dans lequel travaille Claude est réorganisé. En fait, il est même carrément supprimé et son poste est muté en région parisienne, avec de belles perspectives d’évolution. Claude refuse cette offre : il n’a pas envie de vivre en région parisienne, et les fameuses perspectives d’évolution qu’on lui propose ne sont pas compatibles avec la vie de famille qu’il envisage : il s’agissait de piloter des projets de 4 à 8 mois à l’international, en changeant à chaque fois de pays. Bref, sympa, mais trop de sacrifices, notamment au niveau du couple.

 

Dilemme: quelle est ma voie professionnelle ?

Option 1 : changer pour un poste au marketing

Comme Claude est un bon élément, on lui propose un nouveau poste dans sa ville, mais il devra changer de service et tout réapprendre : on  l’attend à la direction marketing. On lui propose une augmentation de 5%. Mais il devra être opérationnel assez rapidement, des sujets chauds l’attendent. S’il refuse également ce poste, alors la seule autre solution est le licenciement.

Claude ne connaît pas bien le marketing, il décide dont d’interroger ceux qui pourraient être ses futurs collègues. Il en déduit que l’ambiance est nettement plus stressée et concurrentielle que dans l’informatique. Il comprend également que la culture de cette direction pousse à faire de longues journées : 8h-19h minimum, alors que Claude était plutôt habitué à un rythme 9h-18h. Si il rajoute à cela le temps de transport, cela lui fait des journées hors de chez lui de 7h à 20h… Pas top, d’autant qu’il faut avoir à l’esprit l’importance qu’il donne à son couple et à son équilibre de vie. Les projets qui l’attendent ont l’air vraiment tendus suite à des erreurs commises par ses prédécesseurs. Le service marketing est un département avec un très fort taux de turn over, cela l’interroge. Enfin, lui qui a l’habitude de piloter ses projets en toute autonomie, il devra s’adapter à un mode de management beaucoup plus hiérarchique et autoritaire.

D’un autre côté, c’est une super opportunité. Son parcours atypique dans un très grand groupe, de chef de projet informatique puis webmarketer lui ouvrirait de très belles portes par la suite dans le marketing et le management. Son entreprise est un groupe reconnu, sa position est enviée par beaucoup de jeunes diplômés et son salaire est vraiment honorable. Il sait qu’il aurait du mal à trouver une opportunité identique en province. C’est peut-être le poste qui dynamisera sa carrière ! Enfin, il se sent redevable envers son entreprise qui essaye de lui trouver une autre solution que le licenciement, et qui lui témoigne ainsi sa confiance.

 

Changer ou rester ? Quel équilibre de vie ?

Option 2 : Changer pour entreprendre !

Par ailleurs, Claude commençait à se demander si le licenciement ne serait pas aussi une belle occasion pour recommencer autre chose et enfin exprimer son tempérament d’entrepreneur. Il a plein d’idées et rêve d’indépendance. Après des études en entrepreneuriat, il sait qu’il a ça au fond de lui. C’est peut-être le moment de se lancer et de réaliser son rêve, de se reconnecter avec lui-même ? Le licenciement serait finalement une opportunité de récupérer un petit capital et de bénéficier de 2 ans de chômage, qui peuvent être rapidement transformés en allocation d’aide à la création d’entreprise. Ces conditions seraient alors parfaites pour tenter l’aventure. Cela reste bien sûr une prise de risque et il devra faire face à une baisse de rémunération d’au moins 30% à court terme…

 

Claude se retrouve donc face à un choix difficile, qui le mets d’ailleurs dans une situation de stress intense. Quel est le meilleur choix à faire ? Une carrière modèle et un bon salaire, avec l’éventuel mal-être qui va avec ? Ou bien la liberté et la réalisation personnelle, avec la prise de risque et la baisse des revenus court terme intrinsèque?

 

Comment analysez-vous cette situation ? Que feriez-vous à sa place ? Que lui conseilleriez-vous ? Quels sont les risques et les opportunités de chaque option ?

Le débat est ouvert via les commentaires !

Pour marque-pages : permalien.

9 réactions à Votre avis : Changer de job ou continuer ? Etude de cas n°1 : Claude

  1. Céline PETIT a écrit:

    proposition courte et spontanée: 3eme option: je me donne 1 /2 an(s) pour faire valoir de nouvelles compétences dans le marketing; je mets en place un projet de création d’entreprise en attendant; j’économise sur mon train de vie; je démissionne; je lance mon projet. Évidemment, c’est le cas de Claude dont « le talent est reconnu au sein de sa société ».
    Bonne continuation, Céline.

  2. Claire a écrit:

    Bien vu Céline, la 3e option. En PNL, on dit qu’il n’y a pas de véritable choix possible à moins de trois possibilités.

  3. Michael Bonneau a écrit:

    Mon impression est que l’option numéro 2 n’est pas assez aboutie pour être une option à envisager, du moins dans un premier temps. Plein d’idées, ça me semble trop vague.

    L’option numéro 1 semble comporter des sacrifices qui vont à l’encontre des valeurs profondes de Claude. Toutefois, il semble prêt à essayer.

    Je penche aussi pour la proposition de Céline, qui permettrait à Claude de donner sa chance à son employeur, de se donner une chance de trouver sa place dans un nouveau poste, d’éventuellement faire son deuil de sa place au sein de cette entreprise et de son devoir envers elle. Et aussi de faire mûrir son projet d’entreprise. S’il choisit cette voie (travailler au service marketing), il est important que Claude pose des limites à son engagement pour ne pas renoncer à ses valeurs et garder le contrôle sur sa vie.

  4. CharlyCharly a écrit:

    Merci à tous pour vos commentaires.
    Claude a raisonné comme vous et a opté pour la fameuse 3eme voie, qui se veut plus réfléchie, plus adaptée, plus construite. C’est son choix, même si je me demande comment il va faire pour préparer le lancement d’une entreprise en plus de ce job au marketing, avec les horaires, les responsabilités et les prises de tête qui vont avec.

    Pourquoi ne pas profiter du chômage, accepter une légère baisse de rémunération au profit de beaucoup de temps disponible pour mener à bien son projet et réaliser un de ses rêves dès maintenant ?

    Malheureusement, je crois que l’inconscient et le corps de Claude ont eu la même analyse que moi, car à la fin de la première semaine à son nouveau poste, Claude craque et son médecin décide de l’arrêter: c’est le burn out…

    Qu’en pensez-vous ?

    • Michael Bonneau a écrit:

      J’en pense qu’il nous manquait d’indices non verbaux pour arriver à la même conclusion que toi. Mais une semaine, je suis impressionné. Je vois plusieurs choses :
      – une grande fatigue pas forcément perçue au cours de cette période charnière : la repriorisation de son corps s’impose d’elle-même. Première chose, repos. Ce n’est qu’après qu’il pourra y voir plus clair.
      – une réflexion sur sa carrière qui a eu un retentissement énorme (une semaine !) au niveau de l’inconscient. S’il s’avère que c’est une manifestation de la désapprobation (veto) du choix initial (3) par l’inconscient, il y a un potentiel de motivation important, une pépite. Au fond de lui, si Claude veut changer de vie, il veut beaucoup changer.
      – J’ai une petite scène en tête. L’ancien pilote de l’avion de Claude n’arrive plus à activer les commandes : un code secret bloque tout et une seule personne dans l’avion peut les réactiver.

      • CharlyCharly a écrit:

        Excellente analyse Michaël, effectivement, il ne faut pas négliger la fatigue accumulée pendant plusieurs années.
        Peut-être que le même choix offert à une autre période de la vie n’aurait pas eu les mêmes conséquences.
        On comprend ainsi aisément qu’un choix de ce genre peut être analysé d’un point de vue objectif, mais que la décision finale doit absolument prendre en compte les émotions, les capacités physiques et mentales, et donc l’instant t auquel on est soumis à ce choix.
        Très bonne remarque également sur ton point 2: Claude a une vraie pépite à l’intérieur de lui !
        Cette pépite a trop envie de s’exprimer pour accepter d’être refoulée comme le font la majorité des gens…
        Et pourtant, c’est en faisant vibrer cette pépite que l’on se sent réellement vivant !

  5. Laurent a écrit:

    Je pense que l’option 3 était un non choix et qu’il faut parfois faire des choix un peu plus tranchés. Je ne dis pas qu’il faut prendre des risques inutiles mais qu’il faut s’écouter un peu plus.

    Mon sentiment : en choisissant l’option 3 (qui semble être un bon compris en théorie) a poussé Claude a nier ses valeurs en acceptant un poste avec des horaires de folie (ça n’a l’air de rien comme ça mais pour l’avoir vécu, passer de 8h à 10h de travail par jour, c’est le jour et la nuit !). Il s’est peut-être focalisé sur le fait que cette option 3 était un choix moins risqué (en apparence) sans se demander concrètement « Vais-je tenir le coup ? », « Cela me convient-il vraiment ? ».

    Le problème c’est qu’on perçoit le chômage comme une situation dramatique, en particulier en période de crise. On le voit comme une période durant laquelle le travailleur n’est plus qu’un assisté qui vit aux crochets de la société et doit se bouger rapidement pour trouver un taf, seul élément qui fera de lui un être respectable (car participant à l’effort collectif) même si le boulot ne lui convient pas. Alors qu’on pourrait envisager le chômage comme une période durant laquelle on peut se poser, réfléchir, définir un projet, un moment privilégié durant lequel on se demande ce qu’on a vraiment envie de faire et cela, sans vivre aux crochets de qui que ce soit, vu que les allocations chômage sont un droit acquis après une période de cotisation !

    • CharlyCharly a écrit:

      Merci Laurent pour cette contribution !
      Effectivement, la sagesse nous amène souvent à tenter d’élaborer un compromis, une troisième voie plus acceptable sur le papier…
      Mais il ne faut pas confondre compromis et consensus, et parfois, comme tu le dis, il faut savoir prendre des décisions plus tranchées !
      Il ne faut jamais oublié d’écouter son corps et ses émotions…

      Et comme tu le dis si bien, le chômage n’a rien de dramatique et est une vraie opportunité pour redémarrer du bon pied.
      Je développe pas mal ce point dans les articles suivants :
      – Comment mettre à profit sa période de chômage ?
      – Au chômage mais ni feignant, ni assisté !

      En tout cas, je vois que l’étude de cette étude de cas est riche et fructueuse, je vous en proposerai bientôt une autre !
      N’hésitez pas à me proposer les vôtres!

  6. CharlyCharly a écrit:

    Si vous voulez analyser une nouvelle situation de dilemme professionnel, je vous invite à découvrir le cas de Lucas, manager d’équipe !

Laisser un commentaire