Au chômage mais ni feignant, ni assisté !

Au chômage mais ni feignant, ni assisté ! Allez, vu que c’est d’actualité, je continue mon plaidoyer sur le chômage !

 

chômage

 

A tous ceux qui pensent qu’être au chômage, c’est être un fainéant vivant aux crochets des autres,

A tous ceux qui pensent qu’ils devraient payer moins d’impôts car leur argent sert à rémunérer des gens qui ne veulent pas travailler,

A tous ceux qui me disent que je suis égoïste car je choisis de profiter d’un système financé par les autres,  pour passer du bon temps et trouver et créer un métier qui me plait,

A tous ceux qui me disent que je ne suis pas solidaire car au lieu de me poser des questions quant au sens que je veux donner à ma vie, je ferais mieux de prendre le premier emploi que je trouve

A tous ceux-là, j’aimerais leur répondre que le monde est en train de changer, et que notre société judéo-chrétienne centrée sur le travail, la consommation et le capitalisme est bientôt morte et dépassée

Mais surtout, à tous ceux-là, j’aimerais leur répondre avec leurs propres armes et leur dire qu’ils n’ont rien compris à trois notions essentielles et structurantes du monde qu’ils défendent : le travail, l’investissement et les assurances!

 

chômage et création de valeur

 

Chômage, travail et création de valeur

 

Tout d’abord, je suis au chômage et je travaille. Certes, je n’ai pas un contrat de travail, je ne produis pas de bien matériel et je ne fais pas non plus en sorte que l’indice CAC40 de ma société soit en constante hausse. Et pourtant, je travaille, je produis et crée de la valeur, en bien plus grande quantité et de façon bien plus efficace que lorsque j’étais salarié. C’est facile, il m’a simplement suffit de supprimer les pauses cafés interminables, les réunions chronophages et inutiles, le management de personnes non motivées ou non compétentes, le fait de rester 1h de plus le soir sur internet juste pour montrer que j’étais présent, le fait de brasser du vent en courant partout en disant que je suis débordé, ou encore toutes ces réunions de management qui sont surtout de la masturbation intellectuelle !

Créer de la valeur ne veut pas dire passer du temps au travail et faire en sorte que le PIB augmente. Cela veut dire travailler effectivement en faisant croître d’autres indicateurs de développement. Le PIB est mort, il a été abandonné depuis bien longtemps par les économistes qui ont bien compris que croissance ne signifiait pas « produire, vendre et consommer toujours plus de biens matériels » !

Ceci est admirablement bien expliqué dans le livre de Alexandre Delaigue et Stéphane Ménia, Nos phobies économiques, dans le chapitre « Redevenir pauvre ? ».

 

Le chômage: un investissement

 

Le chômage: un investissement!

Charly, tu viens de nous dire que tu travailles, mais que fais-tu concrètement ? Oh, trois fois rien. Je monte ma propre entreprise innovante, je réfléchis à court et long terme à la vie que je veux mener et donc au job qui me convient le mieux, celui dans lequel j’apporterai le plus de valeur. Je fais beaucoup de sport et un peu de bénévolat. Et comme je m’ennuyais quand même, je vais former des étudiants à la gestion de projet sur un mi-temps…

En travaillant ainsi, en faisant en sorte de trouver et de créer le métier qui me correspond et ma place dans la société, j’investis du temps pour l’avenir. Et Pôle Emploi investit de l’argent. Grâce à cet investissement, j’exercerai bientôt un métier qui me passionnera et donc dans lequel j’excellerai. Le lien direct entre passion, bien-être et productivité n’est plus à démontrer. Une fois cette période de transition passée, je générerai infiniment plus de valeurs que ce que je pouvais faire par le passé. Je créerai peut-être des emplois, au moins le mien. J’ai aussi l’ambition naïve d’améliorer localement ou plus largement le monde dans laquelle je vis. J’espère que je paierai beaucoup plus d’impôts. Le retour sur investissement sera énorme. Mais pour cela, il faut investir maintenant, accepter les risques, et laisser le temps faire son travail. Un investissement ne peut pas fructifier durablement sur le court terme. La finance d’aujourd’hui a tendance à l’oublier !

 

 

Le chômage: une assurance

Le chômage, une assurance avant tout !

Enfin, il faut savoir que le chômage n’est pas financé par l’état directement. Il fonctionne comme une assurance. L’ensemble des employés et des patrons cotisent à cette assurance, qui indemnise le salarié en cas de perte d’emploi. Comme toutes les polices d’assurance, le montant de la cotisation est calculé en fonction du profil de risque de l’évènement assuré, ici la perte d’emploi.  Absolument tous les bénéficiaires de l’allocation chômage ont donc acheté cette assurance, on parle donc ici d’un droit et d’un acquis inaliénable.

Lorsque vous avez un accident de voiture, est-ce qu’on vous reproche de voler l’argent des autres automobilistes ? Lorsque vous allez chez le médecin, est-ce qu’on vous reproche de ne pas avoir pris soin de vous et d’être tombé malade ? Non !

Le principe de l’assurance repose sur une volonté commune d’un groupe d’individu de mutualiser des risques et de s’en protéger via une caisse commune. Tout le monde y a droit s’il cotise et partage cet état d’esprit. Et c’est comme ça que fonctionne l’assurance chômage !

 

 

En conclusion,

N’ayez plus de honte à bénéficier d’un système d’assurance auquel vous avez droit, et qui vous permet d’investir aujourd’hui du temps et de l’argent pour que demain soit meilleur !

 

PS: ah, j’oubliais. Si vous êtes dans cette situation, vous n’êtes pas « demandeur d’emploi », vous « proposez des compétences et une offre professionnelle sur un marché professionnel ». OK?

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3 réactions à Au chômage mais ni feignant, ni assisté !

  1. Amélie a écrit:

    Bravo et merci!

  2. Guillaume a écrit:

    Héhé…Tu as bien raison Charly ! 😉

  3. Muriel NOTTIN a écrit:

    Je me sens moins seule, tout d’un coup, après avoir lu cet article. Je me bats moi aussi depuis des années (des siècles???) contre l’idée que « chômeur = fainéant » (orth…;) quoique un chômeur peut aussi faire semblant de travailler! Un comble) et pour que ce mot « assistanat » , si douloureux à mes oreilles, soit définitivement rayé du dictionnaire. j’aime beaucoup l’énumération « à tous ceux… ». Je trouve la réponse adroite et polie.

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