Essai : vers une nouvelle valeur Travail… (2/3)

Le travail vu par le capitalisme et le socialismeJe reprends mes réflexions sur la valeur travail. J’ai déjà exposé dans la première partie de cet essai la conception du travail établie dans l’antiquité et celle que nous avons héritée du christianisme. Ce qu’il est intéressant de constater, c’est qu’il n’y a pas une vérité. Il n’y a que des conceptions différentes d’une même notion, celle de travail. Il est donc nécessaire pour prendre un peu de hauteur de comprendre d’où nous vient notre rapport au travail et d’en connaître d’autres approches.

 

Le travail chez Confucius et Mencius

 

Le travail par Confucius et Mencius

 

La pensée confucianiste voit le travail comme une chose secondaire. Les priorités, pour l’homme confucéen sont les questions du savoir, de la morale et de la société.  Le développement de l’homme supplante l’insignifiance de la valeur travail. L’homme doit d’abord se réaliser intérieurement avant de diffuser cet ordre et cette sérénité intérieure à l’extérieur.

Plus tard, Mencius définira le travail comme simple activité humaine devant permettre à la société de subvenir à ses besoins. Le travail n’est pas présenté comme une valeur centrale, il est au service de la société. Pour Mencius, la priorité pour l’homme est de maintenir une harmonie sur la planète. Le travail est ainsi nécessaire, mais il faudra s’efforcer de ne pas exploiter les ressources  jusqu’à l’usure. Pour construire et maintenir cette harmonie, l’homme s’efforcera d’entretenir et de développer sa nature positive. Cette capacité à s’améliorer passe par un contrôle des désirs matériels. Comme chez les Grecs donc, la priorité est donnée au développement personnel.

 

 

Le travail dans l’Islam

 

Le travail dans l'Islam

 

Dans l’Islam, le travail est une adoration. L’oisiveté et la mendicité sont fortement condamnées.  Le temps, la santé et l’énergie sont des dons de Dieu qu’il faut utiliser au mieux. Il y a dans la vision du travail par l’Islam des notions d’autonomie, de justesse et de dons qui sont à relever. Le travail est nécessaire car il permet d’être autonome et de subvenir à ces besoins, à ceux de sa famille, de son clan. Il est ainsi du devoir de la communauté musulmane de satisfaire les demandes de travail de tous les secteurs et d’essayer d’être autosuffisante. Elle doit éviter toute dépendance économique envers une autre nation. Mais le travail doit être juste, légal et sans excès.  L’objectif est vraiment de subvenir aux besoins de la communauté, de manière licite. Une fois le travail accompli, une fois les besoins satisfaits, le musulman doit consacrer son temps libre, sa raison d’être et son surplus matériel à la religion, au sens très large du terme. Le travail est vraiment vu comme un moyen d’acquérir son autonomie, et non comme un objectif. L’objectif reste l’élévation de l’individu, ici via la religion.

 

Le travail dans le monde occidental moderne

 

Le travail en Occident

 

Au début du XIXème siècle, une nouvelle conception du travail voit le jour. Le travail commence à être perçu comme le moyen d’exprimer son identité dans la société, de s’y épanouir, d’y exprimer sa créativité et sa liberté. Il permet aussi et surtout d’accéder à un niveau de vie décent. Avec tous ces avantages, le travail devient alors fondamental dans le débat économique et politique. En effet, il n’est plus opposé au développement personnel et sociétal, il en est la source !

Nous sommes également en pleine révolution industrielle et les nouvelles techniques et organisations de production permettent un accroissement rapide du niveau de vie, toujours grâce au travail.

Au XXème siècle, deux courants de pensée vont naître et s’entrecroiser : le capitalisme et le socialisme.

Le premier sera fasciné par la richesse que le travail permet de produire et d’accumuler, le deuxième voit en lui le moyen de donner à tous une vie de qualité.

Ces deux visions vont, ensemble, permettre de construire une société occidentale où le lien salarial servira à la fois de squelette et de canal d’échange par lequel les droits, les protections et les revenus se mettent en place.

Ni tout à fait capitaliste, car de nombreuses règles régissent le fonctionnement du marché, ni tout à fait socialiste : nous sommes loin de la vision de Karl Marx qui voyait dans l’abolition du rapport salarial le moyen de rendre le travail conforme à son essence (travail aliéné versus travail épanouissant). Bref, un monde tiraillé où on commence petit à petit à confondre les objectifs et les moyens

La suite, vous la connaissez, nous sommes en plein dedans : nous assistons aux dérives du capitalisme et le travail commence à montrer ses limites : crises successives, chômage,  problèmes écologiques, etc… De plus, nous avons trouvé d’autres moyens que le travail pour affirmer notre identité et nous épanouir. Le travail tel qu’il est défini depuis un siècle perd ainsi son sens, son essence, ses objectifs. Commence alors une lente remise en question : quel travail voulons-nous ?

L’existence de ce blog n’est qu’une conséquence de cette révolution douce qui est en marche… et vous en êtes tous des acteurs !

 

Synthèse

 

Antiquité, christianisme, confucianisme, islam, socialisme, capitalisme… nous venons d’aborder pas mal de visions différentes du travail. Il est intéressant de noter que ces cultures ou ces courants de pensée ont certes une vision différente du travail, mais qu’elles ont toutes conduit à de grandes civilisations. Ces grandes civilisations ont toutes eu des hauts et des bas. Aujourd’hui, notre monde occidental moderne est en crise, mettant en lumière ses limites et ses faiblesses.

Que devons-nous en conclure ? Et bien qu’il n’y a pas une seule vérité, que toutes ces conceptions du travail sont valables.

Nous pouvons donc nous en inspirer pour en concevoir une nouvelle, qui prendra le meilleur de chacune d’elles.

J’aborderai ce point dans un dernier billet à ce sujet pour clore cet essai (ici).

Et comme dans le premier article, je vous invite à participer activement à cette étude sur la valeur travail via vos commentaires !

Le travail vu par le capitalisme et le socialisme

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